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Le château primitif d’Aubignosc

Sur les traces de la motte castrale

Découvrez la motte castrale qui forma le premier château d’Aubignosc et dominait toute la vallée. Un site médiéval méconnu à explorer.

Qu’est-ce qu’une motte castrale ?


Une motte castrale est une fortification médiévale primitive, généralement datée du Xe au XIIe siècle. Elle se compose :

  • d’une butte de terre, naturelle ou artificiellement aménagée,

  • portant au sommet une tour en bois ou en pierre,

  • entourée d’une basse-cour protégée par un fossé ou un talus.


Ce type de défense, rapide à construire, constituait le premier noyau de nombreux châteaux médiévaux.

La motte castrale d’Aubignosc : un site jamais étudié


Les hauteurs du village d’Aubignosc conservent un site castral qui ne semble jamais avoir fait l’objet d’une étude archéologique. Pourtant, son profil et son implantation correspondent parfaitement à une motte castrale.

Aujourd’hui, seule la tour du château d’eau occupe le sommet. Sa date de construction n’a pas pu être retrouvée, mais tout indique qu’elle a été édifiée à l’emplacement même de l’ancienne tour du castrum.


Plusieurs témoignages locaux confirment l’existence d’anciennes ruines avant les travaux :

  • Mme Latil, habitante de l’ancienne vicairie depuis cinquante ans, se souvenait des ruines visibles avant le château d’eau.

  • L’abbé Ayasse, curé entre 1861 et 1869, rapporte lui aussi que l’on voyait des ruines au sommet.


L’observation du relief est particulièrement parlante :

  • pentes très abruptes au sud, est et nord, rendant l’accès difficile,

  • accès possible par l’ouest, par une pente moins forte mais défendue par plusieurs murets,

  • présence d’un replat à l’ouest, qui évoque la basse-cour caractéristique des mottes.


L’ensemble, étroit et défensif, correspond tout à fait aux mottes castrales répertoriées dans ce secteur¹.
La tour du château d’eau occupe très vraisemblablement la place de la tour primitive.

Depuis ce point culminant, la connexion visuelle est directe avec :

  • le château de Peipin,

  • le château de Salignac, sur l’autre rive de la Durance,

  • et la vue s’étend largement jusqu’à Sisteron.


Fig. 1. Vue prise depuis la tour du château d’eau.


La demeure seigneuriale : un second bâtiment au pied de la motte


Juste en dessous de ce site perché se trouvait la demeure seigneuriale, probablement construite dans un second temps, plus confortable que la tour sommitale.
On ignore sa date exacte de fondation et son lien architectural avec la tour.


Au XVIIIᵉ siècle, cette demeure était en mauvais état. Elle aurait été reconstruite entre 1765 et 1769, selon un accord qui imposait au vendeur de la rebâtir².


Avant la réhabilitation moderne du site, il en restait :

  • des murs,

  • des angles en pierres de taille,

  • des pans de muraille en arête de poisson (opus spicatum), témoins d’un bâtiment ancien.


Fig. 2. Restes du château avant travaux : pan de mur en arête de poisson.


Destruction des vestiges dans les années 2000


Dans les années 2000, les ruines, pourtant très évocatrices et d’un grand intérêt patrimonial, ont été détruites pour permettre la construction de maisons dans le vieux village (la Viera).

Aucune surveillance archéologique n’a été menée, et le Service Régional de l’Archéologie (SRA) n’a pas été averti avant la destruction.


Fig. 3. Restes du château après travaux.

Notes


¹ Mouton Daniel, La “Roca” de Niozelles, thèse. Voir les mottes d’Ausinica et de Mallefougasse.
² Grandieux Alain, Histoire d’Aubignosc au XVIIIe siècle, 1709–1794, Nice, 1998, tapuscrit.


📌 Sources

Cet article s’appuie sur le travail documentaire et historique de Jeanine Bourvéau.

Motte castrale, Aubignosc, Château primitif, Fortification médiévale, Castrum, Site castral, Patrimoine méconnu

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