
Le Forest d'Aubignosc en 1601
Comment un toponyme signifiant « hameau » est devenu l'enjeu d'un conflit seigneurial au XVIIe siècle, illustrant la richesse linguistique de la Provence et les méfaits de sa justice.
FOREST signifiant hameau, FORESTAGE signifiant territoire d'un hameau sont des termes géographiques particuliers à la Haute-Provence. La Basse-Provence, au-dessous de Durance et de Verdon, ne les connaît pas.
En revanche, ils abondent dans la montagne dont la topographie et la difficile culture exigent de nombreux petits centres d'exploitation agricole isolés, éparpillés çà et là, à travers collines, combes, vallons et accidents de terrains.
Pour s'en convaincre, on n'a qu'à feuilleter les dictionnaires topographiques des Hautes-Alpes (1), des arrondissements d'Arles (2) et de Marseille (3). On y trouvera quatre-vingt-trois Forest haut alpin, un seul marseillais à Allauch et aucun en Arles. En l'absence de tout dictionnaire topographique local, on ne sait combien il y en a dans les Basses-Alpes. Nous en connaissons an moins vingt.
L'orgine géographique et linguistique du terme "Forest"
Forest vs. Forêt : Forest vient-il du français Forêt ?
Nous ne le croyons pas, quoique les cadastreurs peu soigneux de 1836 aient francisé en La Forêt pas mal de Fourès bas-alpins, entre autres à Saint-Geniez, Saint Lions, Archail, etc. Sa plus ancienne forme latine, remontant à 1302, prouve que le français n'a rien à faire ici, car à cette date la langue de Paris était absolument inconnue en Provence.
L'Héritage du genre neutre latin
C'est donc un mot provençal venant probablement du bas latin Forestum, dérivé lui-même, sans doute, de l'adverbe forisou foras, hors, dehors, éloigné. Ce bas-latin Forestum était du genre neutre, que ne possèdent plus les langues néo-latines. De là, l'embarras des peuples qui les parlent, des Provençaux en particulier, pour affecter actuellement un genre aux mots dérivés d'un neutre latin. C'est l'explication de la double forme et du double genre des mots la fré, la caud, la sau, la sabloet tou fré, tou caud, lou sau, lou sablo, et de la différence de genre de ces derniers mots et de bien d'autres dans les diverses langues néo-latines : la sal en espagnol et provençal, le sel, it sale en français et en italien (4). À vrai dire, la forme provençale masculine paraît plutôt un gallicisme, et la forme féminine, plus pure et plus indigène la fré, ta sau, la sablo oh! qunto fré, oh qunto cau que fai.
Les variations locales du genre
À ce point de vue, que faut-il dire de Forest, venant du neutre Forestum ?
Il est couramment employé sous les deux formes masculine et féminine. À Volonne, on dit en le déclinant : Vaqui tou Fourès ; siêu dòu Fourès; varu au Fourès ; tandis que, sur l'autre rive de la Durance, on dit, à Saint-Geniez de Dromon, dont la commune englobe ce hameau : Vaquí la Fourès;siéu de ta Fourès ; vau à la Fourès, comme on le disait déjà en 1603 et même en 1572, d'après le B. 1522 des archives des Basses-Alpes.
Ce qu'il y a de plus singulier encore, c'est qu'à Saint-Geniez même l'on emploie à la fois Le et La : Le Forest désignant une campagne à l'orient du village, appartenant à l'honorable Me Laborde, notaire, et La Fourest le hameau sur la rive gauche du Vanson.
Si J. Roman est exact, la forme masculine a pour elle quatre-vingt-deux Forests haut-alpins, contre un seul féminin, celui de Sigoyer-du-Dœuil. Dans les Basses-Alpes, Forest est masculin à Beaujeu, Mison et Faucon, tandis qu'il est féminin à Archail, Barrème, Blégiers et Saint-Lyons.
D'autre part, les textes cités ci-après prouvent qu'en 1601, La l'emportait sur Le pour le Forest d'Aubignose. Il se pourrait, par conséquent, que la forme masculine lou Fourés, seule usitée aujourd'hui pour Aubignosc, fut un gallicisme relativement récent. Que dit le lexique des troubadours ? Nous ne savons, ne l'ayant pas sous la main. En attendant, nous ne pouvons que répéter avec Horace : Adhuc sub judice lis est.
L'usage du terme comme nom commun
Ce qui n'est pas douteux, c'est que Forest étant un nom commun, comme les trois quarts des noms de lieux-dits et de quartiers qui ne sont pas des noms de propriétaire et signifiant hameau, il est d'ordinaire employé seul lou Fourès, la Fourès. C'est le cas de notre Forest d'Aubignosc.
Cependant, quand il y a lieu de distinguer un hameau d'un antre, on différencie par un ajout comme à Saint-Geniez-de-Dromont, précisément la Fourest d'Abrouase et ta Fourest de Rouland. On en fait autant à Bayons, Blégiers, Clamensane, Claret, la Javie, Sigoyer, Turriès, Urtis, etc.
Le conflit seigneurial du Forest d'Aubignosc
Contexte et origine du litige
À quelle époque remonte ce petit pays ?
Il est bien difficile de le dire en l'absence de toute histoire locale, de tout document ancien, ce nom ne portant pas avec lui la marque d'une antique origine comme celui d'Aubignosc à physionomie préhistorique, ou celui de Peipin si médiéval.
Quoi qu'il en soit, il existait déjà, et même, peut-on penser, depuis longtemps, lorsque, il y a plus de trois siècles, sa petitesse ne l'exempta pas d'avoir un brin d'histoire, emporté qu'il fut dans les tourbillons de la chicane de plus en plus envahissante, au fur et à mesure que, de gré ou de force, la Provence devenait de plus en plus française.
Ce fut à propos d'impôts et redevances seigneuriales que la chose lui advint, entre trois seigneurs plus ou moins seigneurs, plus ou moins importants, plus ou moins sérieux.
Les parties : le créancier et le débiteur
Le 4 mars 1601, en effet, le notaire volonais Jean Maurenc couchait, au folio 95 de son mince cartulaire in-40 (5), deux Sommations pour Monsieur Maître (6) Joseph Griffon, sieur de Sainct-Cézáry et du (sic) Forest du Bignosc (7), conselhier du Roy en sa Cour de Parlement de Provence.
Lignage de la Famille de Glandevès
Le hameau du Forest, situé entre les deux villages de Peypin et d'Aubignosc, appartenait comme eux à l'antique famille des Glandevès. Celle-ci l'avait recueilli des vieux feudataires catalans les Justas, au XVe siècle, par le mariage d'Elion de Glandevès, seigneur de Gréoulx, Rousset et Reillanette, avec Jeanne de Justas, fille de Marie d'Agoult et de Louis Justas, seigneur de Peipin, Aubignosc, Montfort, Saint-Donat, Augès, Piosin, Vachères, Sainte-Croix-Alauze et Noyers.
Elion (Hélyon) le passa successivement à son fils Antoine, époux d'Éléonore de Castellane, à son petit-fils et filleul Elion (4583-1600), époux de Jeanne de Porcelet et à son arrière-petit-fils Jean, époux d'Isabeau de Joannis.
C'est à ce degré que s'arrête la meilleure généalogie imprimée des Glandevès que nous ayons, si singulièrement suspendue (8). Nous n'y trouvons donc pas le seigneur de Peipin et d'Aubignosc de 1601, Henri de Glandevès, sur la tête duquel éclata la tempête dont nos sommations furent un inévitable épisode.
Nous ne savons pas grand chose d'Henri et supposons qu'il fut un de ces fils de Jean restés au bout de la plume de Louvet. Deux pièces des archives des Basses-Alpes nous montrent son père (?) Jean plaidant, en 1610, contre sa femme, Isabeau (B. 1570), et émancipant son fils Jean-Baptiste le 21 mars 1645 (B. 2216, fo 1131 vº). Dans ce dernier document, il est qualifié seigneur du Bignosc et de La (sic) Forest.
Le portrait du créancier : Joseph Griffon
Il paraît partager ce titre avec son fils Henri, que nous trouvons en 1601 dans une situation peu brillante, comme, à cette époque, la plupart des familles nobles et des communes de Provence, ruinées à la fois par les guerres de religion et le mauvais gouvernement français. Henri avait à faire alors à un créancier peu commode, appelé Griffon, nom caractéristique et prédestiné, qu'il est fâcheux que Molière n'ait pas connu, pour accompagner et compléter son Harpagon.
On ne sait guère plus sur Joseph Griffon, le créancier saisissant, que sur son débiteur Henri. Nous avons pu cependant glaner ça et là, sur son compte, les quelques renseignements qui suivent.
Il naquit à Grasse d'Augustin Griffon et d'Espérite Bérard, vers 1540, date que la perte des registres de catholicité de cette ville ne permet pas de mieux préciser (9). Il épousa, vers 1570, Anne Sommat, qui mourut à Aix dix ans après lui, le 8 août 1612. Celle-ci, cessionnaire des droits de prélation du monastère de Sainte-Claire d'Aix, intenta et gagna, le 16 décembre 1518, un procès qui lui permit, en exerçant ces droits, de se procurer une belle maison dans la capitale de la Provence (10).
Joseph Griffon se qualifiait seigneur de Saint-Cézaire, au canton de Saint-Vallier (Alpes-Maritimes). À quei titre et depuis quand On ne sait (11).
Il fut installé conseiller au Parlement de Provence en mai 1560, en la charge d'un autre Grassois, Martin Moutont, qui paraît avoir peu siégé.
En 1569 Joseph fut chargé par le Parlement de retirer leurs offices et charges aux protestants, qui en abusaient et rendaient la vie intolérable aux catholiques de la viguerie de Sisteron (12).
Il fut encore envoyé en mission à Dijon par le Parlement d'Aix, du 1er juin au 3 juillet 1584.
Il mourut à Aix le 11 mai 1602 et y fut enseveli aux Observantins, le même jour (13).
La condamnation et la saisie du fief (1587)
Est-ce pendant son séjour à Sisteron, en 1569, qu'il fut en rapport avec le seigneur du lieu voisin de Peipin et qu'il lui rendit quelques services ? Pourquoi pas ?
Ce qui est certain, c'est qu'Henri de Glandevès était son débiteur, et probablement depuis longtemps, lorsque, le 22 mai 1587, Griffon le fit condamner, en Parlement, à le payer ou, à défaut, à lui abandonner une partie de son triple fief d'Aubignosc, Le Forest et Peipin. Dans la liquidation du saisi, Griffon fut colloqué sur la place et jurisdiction aulte, moyenne et basse de Lafforest (sic), dudit Bignosc, avec tous les droicts, proficts, revenus et esmolluments d'icelle, tellement qu'il en fust seigneur INSOLLIDUM.
Les concurrents : Pierre Autheman et Louis Moreti
Malheureusement, il n'était pas le seul. Il y avait pas mal d'autres créanciers, entre autres un riche marchand de Manosque, appelé Pierre Autheman. Celui-ci ne tenait pas moins que Griffon à griffer. Il possédait même sur lui un avantage. Il avait dans la place un auxiliaire fort utile en la personne de son gendre, le notaire royal de Volonne, Louis Moreti. Dès réception, celui-ci s'empressa de faire signifier son arrêt aux Forestiers et d'en percevoir les redevances.
Quand Griffon arriva, c'était trop tard. Que faire ?
L'avis du peuple sur le Parlement d'Aix
La chicane avait alors plus de ressources encore qu'aujourd'hui. Ce n'est pas peu dire. Griffon était un de ses protagonistes. Il ne pouvait être embarrassé. En imposant à la Provence un parlement à l'instar de Paris, le principal but de François Ier n'avait-il pas été de multiplier et les suppôts de la basoche, et les incidents de procédure et d'incalculables frais, de rendre les procès inextricables et interminables ?
Jamais but ne fut mieux atteint, ainsi qu'en témoignent les milliers de factums qui encombrent nos bibliothèques et le fameux proverbe par lequel, de 1501 à 1789, le peuple provençal ne cessa de flétrir cette importation française :
Mistrau, Parlamen e Durenso
Soun lei tres fleu de la Prouvénso.
L'offensive judiciaire de Griffon (1601)
Griffon, rompu à la procédure, instrumenta sur le champ. Il commença par deux sommations solennelles le 14 août 1601.
Par la première, il faisait inhibitions et défenses au sieur Autheman, manosquin, de se servir de l'arrêt qu'il prétendait avoir obtenu de la Cour de Parlement et de percevoir les tasques, censes et services dus au seigneur par ses vassanx du Forest.
Par la seconde, il enjoignait à ceux-ci de ne connaître, reconnaître, payer que lui, et d'expulser immédiatement Moreti.
L'interpellation des manants
Ayant la présence de tous les particulliers, manants et habitants dudit lieu de Lafforest, un certain Jean Ailhaud, écuyer de Sigoyer, mandataire de Griffon, leur déclara sur la place publique, devant le puits à la pittoresque coiffure pointue, que Griffon est seigneur in solidum de Lafforest, ce qu'ils ne peuvent ignorer, et les some, requiert et interpelle de payer les tasques, censes et services que doibvent audit Griffon, à peyne de tous despens, domages et intérêts.
Pour plus de force, il les interpelle l'un après l'autre. Il nous apprend ainsi que, il y a trois cents ans, le Forest était un peu plus peuplé qu'aujourd'hui, ce qui n'a rien d'étonnant vu l'actuelle dépopulation des campagnes et cette abominable stérilité française qui nous vaudra trois ans, puis bientôt quatre ans de ce service militaire universel que l'on croyait jusqu'ici réservé aux tribus sauvages les plus barbares, les plus brutes du monde.
Les manants nominativement adjurés sont les Férauds, Melchior, Gaspar et Jean dit Glaudas, Mathieu Mayol, les frères Gaspar Curet, Célestin Richaud, etc., dont quelques-uns existent encore au Forest, en la personne de leurs descendants.
Conclusion : l'issue du procès et la moquerie populaire
Comment cela finit-il ?
Nos documents ne nous l'apprennent pas. Ce fut sans doute un bon procès, bien mouvementé, bien corsé, bien prolongé, dont probablement ni demandeur, ni défendeur ne virent la fin, car Griffon mourut un an après et Henri de Glandevès ne paraît pas lui avoir survécu de beaucoup.
C'était du reste à ces passe-temps que s'amusait le Parlement à la mode de Paris que, cent ans auparavant, François Ier avait imposé à la Provence injustement, illégalement, malgré les serments les plus solennels de respecter la constitution provençale. Avant lui, il suffisait à la Provence d'un juge par viguerie, d'un seul juge mage servant de Cour d'appel pour le pays tout entier, d'un seul sénéchal servant de Cour de cassation à tout le Comté. Mais depuis.....
Si nos documents sont muets sur l'issue de cette conteste, il nous offrent, en compensation, un tableau amusant celui de toute une population moqueuse et railleuse, se frottant joyeusement les mains, au spectacle de ces interminables chicanes, galejant les contendants et en profitant pour ne payer à aucun des trois larrons les tasques, censes et services litigieux.
Victor LIEUTAUD.
Notes
¹ Dictionnaire topographique du département des Hautes-Alpes comprenant les noms de lieux anciens et modernes, par M. J. Roman. Paris, imprimerie nationale, MDCCCLXXXIV, in-4", LXXXI-200 pages.
² État descriptif de l'arrondissement d'Arles par le comte de Rovel du Perron..., et par le marquis de Gaucourt...: Dictionnaire topographique comprenant les noms de lieu anciens et modernes. Amiens, imprimerie Alfred Caron, MDCCCLXXI, in-4 , xxxv1-202 pages.
³ Société de statistique de Marseille : Dictionnaire topographique de l'arrondissement de Marseille (Bouches-du-Rhône), comprenant les noms anciens et modernes, par J.-A.-B. Mortreuil, juge de paix, Marseille, Camoin, Boy et Lebon, 1879, in-89, 460 pages. Ce sont les trois seuls dictionnaires topographiques que possède la Provence. Quand luira le jour où chacune des Académies et Sociétés littéraires ou historiques de Provence nous donnera celui de son ressort ? Quelle plus belle œuvre collective pourraient-elles se proposer de réaliser pour l'honneur et la connaissance du pays ?
⁴ De même huile, en latin oleum, neutre, fait en français huile, féminin, et en provençal oli, masculin. On sait que les Anglais n'ont aucun genre et que leur article unique, invariablement the, est à la fois masculin et féminin, pluriel et singulier.
⁵ Aux minutes de Me Lieutaud, notaire à Volonne (Basses-Alpes).
⁶ Titre honorifique judiciaire, équivalant à celui de chevalier, au civil.
⁷ Remarquons, on passant, que les indigènes déclinent es nom et disent lou Bignouosc, dòu Bignouosc, au Bignouosc, prenant la première syllabe pour l'article au datif. C'est à tort. La plus vieille forme que l'on trouve est Albignoscum, où l'on reconnait le mot celtique Alp, la terminaison ligure Olse, ce qui donne à ce mot un âge des plus reculés.
⁸ Additions et illustrations sur les deux tomes de l'Histoire des troubles de Provence, de Me Pierre Louvet de Beauvais, Doet, med.... Première partie (fleuron: Armes de Provence). A Aix, par Charles David MDOLXXX, in-12, p. 61-82. Louvot dit p. 72: Joan de Glandevez, Seigneur de Poipin e du Bignom, épousas, le 7 octobre 1583, faubonus de Iohannis, fille de Jean loannis, Sr de Château Neuf et la Brillane et de Françoise de Recaris, et en ut et passe immédiatement, sans autre, à l'histoire de la terre de Faucon-du-Caire, autro fiel des Glandévez. C'est le fait d'un autour toujours pressé d'envoyer de la copie à son imprimeur, quelle qu'elle fût. En son État de la Provence dans noveme, 1693, 11, 166-176, lo bas-alpin Robert do Brianson ne donne de cette famille qu'une notice tout à fait embryonnaire, sauf un fragment do lnttre de l'évêque de Senez, do 1406 en langue provençale. Artefouil, en son Histoire héroïque et universelle de la noblease de Provence, Avignon, 1757, in-4, 1492-1499, pour êtro moins laconique, n'est guère plus explicite, manque de dates précises et, suivant lo plan qu'il s'était tracé, néglige absolument toutes les branches éteintes de son temps, qui ne pouvaient pas lui payer 34 livros, commo calle de Peipin-Aubignosc. On n'y trouve pas même mention de notre Henri, qui pour lui est trop vieux ot pour Robert de Brianson trop jouno. C'est dire qu'il serait à désirer que l'illustre et antiquo famille de Glandóvoz, aux innombrables fiefs, out l'heur de rencontrer quelque jour un historien plus préoccupé de science que de lucre, comme en ont récemment trouvé les Baux, les Adhémar, les Marseille, les Villeneuve, los Castellane et la noblesse Arlésienne en la personne des admirables érudits L. Barthélémy, Marquis de Boisgelin, comte de Juigné de Lassigny, et le seul survivant de la vaillante pléiade M. le Baron du Roure, dont les travaux étonnent par leur ampleur, leur précision, leur documentation et leur inépuisable science.
⁹ Le plus ancien registre de catholicitó de Grasse ne remonte qu'à 1596. Les guerres de religion ont détruit les plus anciens. C.F. J.-B. SARDOU: Inventaire des archives municipales de Grasse. Paris, P. Dupont, 1865, in-4°, QG. 1.
¹⁰ Centurios curssarum, in semmo rationem, vectigulávom et sacri ærarii. Prouincia Curia decisarum... Authore Francisco de Clapperiia, D. de Vantmenarger 1. C. Lvgdvni, Sumptibus Ioannis de Gabiano, M.DCXVI, in-4", deux parties, pp. 305-6, causa nº 103.
¹¹ Il n'est pas même mentionné par H. Meyromet, dans sa récento Histoire cicile et religieux de Saint-Claire, des origincs romainen jumqu'à nos jowa, s. l. n. d. Rosonstiel, impr. Vence (1912), in-8 , 104 p., planches. Voici quelques-uns des seigneurs de Saint-Cézairo ignorés de l'auteur: XII siècle, l'Eglise d'Antibes 1601, notro Griffon 1656-8, Joseph do Robert; 1684, Joseph do Robert d'Auriac, soigneur de Mimot ; 1681 sq., les Villeneuvo: 1766-1789, les Lombards do Gourdon, les Cresps.
¹² Laplane : Histoire de Sisteron, 11, 104.
¹³ Nous empruntons ces renseignements à deux récents ouvrages de la plus grande valeur, complétant et précisant à merveille l'Histoire du parlement de Calassa, rédigée surtout oratorio modo suivant le goût du temps. Ce sont d'abord, Chronologie des officiers des cours souveraines de Provence, par Balthazar do Clapier-Collongue, publiée par le marquis de Roisgelin, Edition de la Société d'Etudes provençales. Aix, typ. B. Niol, 1904, in-8, p. 60, nº 31; et ensuite Fleury Visnay Les parlementaires français au XVIe siècle, tome premier: Parlamenta à Ais, Grenoble, Dijon, Chambéry, Dembes, Paris, 1909, in-8", p. 42, nº 123. Ces doux ouvrages sont de vrais potits chefs-d'œuvro, au point de vue de l'art vórifier les dates. On ne sait auquel douner la palme. C'est bien heureux.
📌 Source
Ce texte est extrait du Bulletin de la Société scientifique et littéraire des Basses-Alpes (des Alpes-de-Haute-Provence), tome 16 (1913-1914), dans lequel il fut initialement publié par V. Lieutaud.
Pour une meilleure clarté et afin de faciliter la lecture, des paragraphes et des sous-titres ont été ajoutés au texte original de V. Lieutaud.
Aubignosc, Le forest, Forest d'Aubignosc, Fief d'Aubignosc, Glandevès, Victor Lieutaud, Bulletin de la Société scientifique et littéraire des Basses-Alpes, Le Bignosc, Aubignoscum
