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Aubignosc à l’époque gallo-romaine

Un territoire romain insoupçonné

Grâce aux fouilles et aux découvertes d'objets de culte et de vestiges funéraires, nous retraçons le paysage antique d'Aubignosc : un territoire habité, structuré et relié aux grandes voies de l'Antiquité.

Avant de devenir un village perché surveillant la vallée de la Durance, Aubignosc fut un espace habité depuis des millénaires. 

Le territoire d’Aubignosc ne livre pas seulement des traces préhistoriques : il conserve les vestiges d’une implantation gallo-romaine d’une ampleur remarquable. 

Les fouilles préventives menées à la fin du XXᵉ siècle ont révélé un site étendu, structuré et actif dès la fin du IIᵉ siècle de notre ère.

Ces découvertes, enrichies par des objets isolés et des vestiges funéraires, dessinent un paysage antique plus étendu et plus structuré qu’on ne l’imaginait autrefois.

Un vaste établissement gallo-romain révélé lors des travaux autoroutiers


En 1988, des fouilles préventives réalisées au sud du village, au lieu-dit Les Présidentes, ont mis au jour « une grande zone, s’étendant sur 3 500 m², occupée par des bâtiments d’époque gallo-romaine ».


Le document précise qu’il s’agit de deux ensembles de bâtiments antiques, datés de la fin du IIᵉ siècle.
La découverte s’est faite à l’occasion des travaux pour les accès et les péages d’Aubignosc pour l’autoroute.


Ces éléments sont décrits dans la Carte archéologique de la Gaule – Alpes-de-Haute-Provence de Géraldine Bérard (p. 79).


Fig. 1 – Vue aérienne des fouilles (Carte archéologique de la Gaule)


Une seconde fouille confirmant l’ampleur du site


Quelques années plus tard, en 1993-1994, l’installation d’un gazoduc a entraîné une nouvelle fouille préventive.


Cette campagne a mis au jour « la base d’un bâtiment antique, incomplètement dégagé », mais semblant se rattacher aux ensembles découverts précédemment (BÉRARD Géraldine, Carte archéologique de la Gaule – Alpes-de-Haute-Provence, p. 80).


Un habitat antique étendu


Ces deux opérations archéologiques, séparées mais cohérentes, révèlent une occupation gallo-romaine étendue et structurée, dépassant largement le périmètre immédiatement fouillé.


Autour des zones fouillées, des artefacts isolés ont été retrouvés dans un rayon de 150 à 400 mètres, laissant penser que l’implantation gallo-romaine s’étendait bien au-delà des structures mises au jour. 


Ces objets, trouvés en périphérie des zones explorées, montrent que le site n’était pas isolé : probablement un ensemble agricole, résidentiel ou artisanal organisé, avec dépendances ou occupations complémentaires.


Un territoire habité et actif dès l’Antiquité


Ces fouilles apportent la preuve que la zone d’Aubignosc constituait, dès l’époque gallo-romaine, un espace habité, structuré et relié aux voies de circulation.


Le choix d’implantation — à proximité de la Durance, des voies antiques et de terres agricoles — correspond parfaitement aux logiques d’occupation romaines.


Un autel votif exceptionnel consacré à Sylvain


Parmi les découvertes les plus remarquables figurait autrefois un autel votif dédié au dieu Sylvain, retrouvé à un emplacement indéterminé puis réemployé en 1662 comme socle de bénitier dans l’église paroissiale.


Au XIXᵉ siècle, Saint-Marcel Eysseric l’a acquis ; il est toujours conservé par ses descendants à Sisteron.


Cet autel porte le nom d’un habitant d’Aubignosc à l’époque romaine : Caius Julius Thalius, qui l’a offert au dieu Sylvain pour accomplir un vœu (Sylvain, divinité agreste des bois et des champs, peut-être d’origine étrusque, fut assimilé après la conquête romaine au dieu celte Sucellus).


Il reste cependant impossible d’en déduire l’existence d’un temple consacré à Sylvain à Aubignosc.


Fig. 2 et 3 – Autel à Sylvain


Des tombes antiques dans le village actuel


Dans le bourg moderne, plusieurs sépultures antiques ont été découvertes sur la parcelle B 665 :

  • une tombe en bâtière, composée de lauzes et de tegulae couvertes d’imbrices,

  • deux autres tombes mêlant tuiles et lauzes, datant de l’Antiquité tardive.


Leur emplacement suggère qu’elles bordeaient probablement un ancien trajet routier, comme le voulait la coutume romaine d’implanter les nécropoles le long des voies.

📌 Sources

Cet article s’appuie sur le travail documentaire et historique de Jeanine Bourvéau et de l'association Les Amarines.

Antiquité, Période Gallo-Romaine, Fouilles Archéologiques, Vestiges Funéraires, Sépultures Antiques, Voies Antiques, Bâtiments Antiques, Aubignosc

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