
La voie domitienne
Quand Aubignosc surveillait les routes antiques
Suivez le tracé antique qui passait au pied d’Aubignosc et structura durablement la vallée.
Un voyage sur l’une des plus anciennes routes de Provence.
La vallée de la Durance a toujours constitué un vaste couloir de circulation reliant la Méditerranée aux Alpes.
Au cœur de cet axe majeur, Aubignosc occupe une position privilégiée : un point de passage stratégique, surveillant l’une des plus anciennes routes de Provence : la voie domitienne.
Un chapelet de villages perchés pour surveiller la voie antique
La voie principale qui suit l’ancien tracé probable de la Voie Domitienne était bordée et surveillée par une série de villages perchés fortifiés d’origine médiévale : Lurs, Ganagobie, Peyruis, Montfort, Château-Arnoux, Aubignosc, et enfin Peipin, sorte d’éminence jumelle d’Aubignosc.
Ce système défensif formait une ligne de surveillance continue avant d’atteindre Sisteron, à 10 km au nord, où la route traversait la Durance pour gagner la rive gauche.
Toutes ces places fortes sont positionnées comme des postes de garde le long de la Durance.
Plus en aval, on retrouve le même dispositif avec Volx/Villeneuve, Mont-Laur de Manosque, Toutes Aures, Pierrevert, Sainte-Tulle ou encore Corbières.
Ces implantations s’alignent sur cette frontière naturelle qu’est la Durance, ainsi que sur les voies de passage longeant ou rejoignant le fleuve depuis la préhistoire.
Deux passages possibles de la voie domitienne à Aubignosc
Le territoire d’Aubignosc, tel que délimité aujourd’hui, intéresse deux passages possibles — alternatifs ou successifs — de la voie domitienne :
1. Un premier tracé, le passage occidental
Passant par Châteauneuf-Val-Saint-Donat, le Gravas et Peipin, où il rejoint la Durance, il correspond approximativement à l’actuelle départementale 951 et traverse la partie occidentale du village (zone ouest).
2. Un second tracé, le passage oriental
Il longe la Durance par les Rouvières, à la limite de Château-Arnoux et de la Savonnerie. Cette hypothèse — proposée par Guy Barruol et Pierre Martel — aurait rejoint l’ancien tracé de la N85 en passant à l’est d’Aubignosc, à proximité d’un vaste établissement gallo-romain découvert au lieu-dit Les Présidentes.
Un relief propice au contrôle des routes
Le village lui-même présente un profil évoquant une motte castrale, soulignant son rôle probable de poste d’observation dominant les passages (Fig. 1).
Aubignosc se trouvait donc au cœur d’un système historique où relief, voies de circulation, implantations militaires et habitats anciens se combinent pour former un espace de contrôle et de surveillance.
Une logique de circulation inscrite dans le paysage
Les découvertes archéologiques — bâtiments antiques, tombes en bâtière, artefacts isolés — s’ajoutent aux structures du paysage pour confirmer que le territoire d’Aubignosc était traversé par des routes anciennes dont la Voie Domitienne constitue l’axe majeur.
Aubignosc n’était pas un simple village agricole, mais un point de passage, un lieu de guet, et une porte d’entrée vers Sisteron et la haute vallée de la Durance.
Fig. 2 – Carte présentant les tracés supposés de la voie domitienne, où figurent notamment le Gravas et le Forest. L’emplacement de l’église y est indiqué par une croix.

📌 Sources
Cet article s’appuie sur le travail documentaire et historique de Jeanine Bourvéau.
Voie Domitienne, Routes Antiques, Vallée de la Durance, Moyen Âge, Établissement Gallo-Romain, Motte Castrale, Archéologie, Habitat Ancien, Voie Romaine, Aubignosc




